jeudi 31 mai 2007
Pour une société juste, par Dominique Strauss-Kahn
Nous
venons de subir une troisième défaite consécutive à l’élection
présidentielle. Manifeste au soir du 6 mai, elle était latente depuis
le premier tour, le 22 avril : jamais le score de la gauche n’avait été
aussi bas. La défaite vient de loin. Elle sanctionne un refus, celui de nous réformer. C’est à cela que je veux aujourd’hui m’attacher.
Rendre
un avenir à la gauche : voilà l’enjeu. Il faut le faire en regardant le
monde tel qu’il est, avec les Français tels qu’ils sont.
Le
socialisme du réel doit être celui d’une gauche efficace au temps de la
mondialisation. Trois principes l’animeront : une vraie compréhension
des inégalités et non pas une grille de lecture dépassée, une
efficacité sociale et non pas des slogans inopérants, une stratégie
émancipatrice redonnant de la force à l’idée de progrès.
Osons le dire : notre lecture de la lutte des classes est totalement dépassée.
Il
est devenu commun d’annoncer la "fin d’Epinay", c'est-à-dire
l’épuisement du grand cycle historique de la gauche française, né en
1971 de l’unification des socialistes par François Mitterrand autour
d’un mot d’ordre, la rupture avec la société capitaliste, et d’une
stratégie politique, l’Union de la gauche. Nous devons tourner cette
page pour ouvrir un cycle nouveau.
Nous
devons le faire pour les raisons que chacun perçoit : parce qu’il est
temps que les nouvelles générations de la gauche puissent écrire leur
propre histoire ; parce que cette rhétorique révolutionnaire a depuis
longtemps perdu tout rapport avec notre pratique du pouvoir ; parce que
l’état actuel des forces à gauche pose la question de notre stratégie
et de nos alliances.
Mais nous devons le faire pour une raison plus profonde : le cycle d’Epinay est achevé parce que la vision de la société sur laquelle il reposait est devenue caduque.
"La
lutte des classes", la réduction "en dernière instance" de l’ensemble
des inégalités au clivage capital / travail, l’illusion d’un
prolétariat homogène et uni entraînant dans son sillage l’ensemble du
salariat ne constituent certes plus les principaux leitmotivs du
discours socialiste. Mais faute d’avoir réalisé lors des dix dernières
années notre aggiornamento, notre analyse de la société
continue de s’inspirer d’une vague lecture marxiste, héritée des années
1960, qui analyse les problèmes économiques et sociaux à partir du
vieux triptyque couches populaires / couches moyennes / détenteurs du
capital, sous l’angle exclusif de l’affrontement et de l’équilibre
entre ces classes sociales.
C’est
le décalage croissant entre les mutations, accélérées, de la société
française et nos grilles de lecture, obsolètes, qui compose à mes yeux
la toile de fond de nos revers électoraux. Pour le dire autrement, il
me semble qu’en 2002 comme en 2007, nous avons d’abord buté sur notre
inaptitude à analyser la nouvelle réalité sociologique française.
Cette nouvelle réalité, c’est celle de la fragmentation sociale.
Les
inégalités traditionnelles n’ont pas disparu dans la société française
des années 2000 : la mondialisation exacerbe la subordination du monde
du travail aux détenteurs de capitaux. Les disparités de revenus et de
patrimoine entre les cadres et l’ensemble des salariés d’exécution, qui
agrége les ouvriers à la masse des employés du tertiaire aux salaires
peu élevés, ne se réduisent guère.
Mais
ces inégalités traditionnelles n’expliquent plus la dynamique sociale.
Un puissant processus d’individualisation a fait imploser les anciennes
"classes". Il n’est pas indifférent d’avoir un emploi ou de disposer de
revenus de transfert, de bénéficier d’un CDI ou d’évoluer dans
l’univers des CDD, de travailler dans une grande entreprise ou dans une
PME, dans une zone tirée par la mondialisation ou frappée par la
désindustrialisation, dans le secteur public ou dans le secteur privé.
A cela s’ajoute tout ce qui ne relève pas du statut socio–professionnel
mais joue un rôle décisif dans la distribution des richesses et des
possibilités d’épanouissement personnel : les inégalités entre les
sexes et entre les générations, ainsi que les discriminations raciales.
Tout ceci se résume dans ce qui traduit une large part du malaise
français : les inégalités territoriales.
Il
n’y a pas deux France, "la France d’en haut" et "la France d’en bas",
la France qui va bien et la France qui souffre, mais une France éclatée
en mille univers : celui des jeunes de banlieues et celui des retraités
des zones rurales, celui des nouveaux prolétaires des industries de
l’Est, celui des travailleurs précaires maintenus aux marges de la
société, celui des salariés qui ne jugent pas toujours légitime
l’effort fait en direction de moins bien lotis qu’eux.
Le
temps n’est plus où la gauche pouvait se contenter d’être le
porte-parole du seul prolétariat dans un monde injuste. Aujourd’hui,
elle doit redéfinir ce qui fonde une société juste.
Nicolas
Sarkozy a fait son miel des antagonismes que nourrit l’hétérogénéité
sociale. En choisissant ses boucs émissaires, en épousant la méfiance
spontanée qu’inspirent les "assistés" aux salariés "qui se lèvent tôt",
en opposant la France des campagnes à celle des "racailles", il s’est
donné les moyens de réunir une majorité. Il a joué sur les peurs et les
rancoeurs, mais aussi sur l’espoir d’une énergie nouvelle. Je suis
convaincu qu’il sera impossible pour la gauche de reconquérir le
pouvoir et de l’exercer durablement si elle ne prend pas, elle aussi,
la mesure de cette nouvelle société française. C’est cette mise à jour
qu’il nous faut faire. C’est à ce socialisme du réel que je veux
convier la gauche et les Français.
Pour
retrouver une crédibilité politique, nous devons éviter trois écueils :
ignorer la fragmentation sociale en imaginant qu’on peut encore
construire un "front de classes" à l’ancienne autour de quelques mots
d’ordre anticapitalistes et altermondialistes ; capituler devant la
"société des individus" en courant après tous les mouvements sociaux et
en se laissant disloquer par toutes les revendications ; contourner le
problème en faisant de la démocratie participative ou du nécessaire
dialogue social une fin en soi.
Pour moi, trois pistes mènent à notre rénovation idéologique.
D’abord, la promesse d’un Etat social à nouveau efficace.
Chacun
constate combien il s’est dégradé depuis 2002. Je crains que les dégâts
à venir ne soient comparables à ceux qu’infligea le thatchérisme au
Royaume-Uni des années 1980. Mais je crois aussi que s’enfermer dans la
seule défense des acquis condamne la gauche à n’être qu’un rempart vite
contourné face au réformisme libéral. Pour rester fidèle à ses valeurs,
la gauche doit reconnaître la nécessaire adaptation de notre modèle
social aux défis de la mondialisation, du vieillissement démographique
et de l’individualisation des situations. Rien n’est tabou : sur le
financement des retraites, l’évolution du système de santé, la réforme
du marché du travail, la reconfiguration territoriale des services
publics, les électeurs potentiels de la gauche attendent de notre part
un discours de vérité pour reconstituer notre crédibilité.
La
gauche doit aussi répondre à la demande de protection face à la
mondialisation : je continue de penser que la construction de l’unité
politique de l’Europe est la seule réponse stratégique sérieuse que les
socialistes puissent opposer aux contradictions du discours de Nicolas
Sarkozy, qui a promis tout à la fois le libre marché au CAC 40 et le
protectionisme aux salariés.
Enfin,
cet Etat social renouvelé doit désormais promouvoir cette catégorie
d’entrepreneurs qui inventent notre avenir. Nous devons les considérer
comme d’authentiques acteurs du progrès social et non comme des
"ennemis de classe" à vouer aux gémonies.
La deuxième piste est celle d’un nouveau compromis social.
Nous
devons assumer plus clairement nos priorités politiques et définir le
type de société que nous voulons bâtir : quel partage de la valeur
ajoutée, quel arbitrage entre la progression du pouvoir d’achat des
différentes catégories de salariés et le soutien à la lutte contre
l'exclusion et au noyau dur du chômage ? Est-il concevable que nous
revenions devant les électeurs sans avoir déterminé la répartition de
l’effort fiscal qui nous semble souhaitable ?
La troisième piste enfin touche à l’utopie fédératrice de l’égalité réelle et d’une société juste.
Adopter
le socialisme du réel que je préconise, ce n’est pas se résigner au
pragmatisme et à l’ordre établi : il s’agit de faire face à la réalité
pour pouvoir la changer. Je crois d’ailleurs que la gauche ne peut se
passer, dans notre pays, de cet horizon d’une transformation radicale
de la société qui, depuis la Révolution, donne sens à ses combats.
La
"rupture avec le capitalisme" a cédé la place à un nouvel objectif tout
aussi stimulant : la construction par l’égalité réelle d’une société
juste.
L’égalité
réelle, c’est d’abord l’égalité des droits, la lutte contre les
discriminations sexistes, raciales, générationnelles, territoriales.
Mais c’est aussi la lutte contre la reproduction sociale qui demeure,
malgré la "massification" du système scolaire voulue par la gauche, une
réalité structurante de la société française.
Articulé
autour de propositions audacieuses et d’engagements financiers précis
en matière d’éducation, de santé et de logement, ce mot d’ordre peut,
lui aussi, être fédérateur dans une France qui aspire profondément à
relancer l’ascenseur social. Si la gauche ne se fixe pas cette nouvelle
frontière comme horizon, on pourra légitimement se demander à quoi elle
sert.
Le socialisme est d’abord une protestation contre l’ordre existant. Mais il exprime aussi une volonté d’émancipation concrète. C’est ce que je développerai dans ces colonnes lors des quinze jours à venir.
mardi 29 mai 2007
Zenith - Intervention de DSK
Zenith 29 mai 2007 - intervention de Dominique Strauss-Kahn
envoyé par ps-paris11
http://www.lexpress.fr/info/france/elysee_2007/elys07_candidats/dossier.asp?ida=456617&p=3
Paru dans LEXPRESS.fr du 27/03/2007
Et le volet fiscal et économique?
Il comprendra, premièrement, l'exonération des heures supplémentaires des charges fiscales et sociales. Deuxièmement, la possibilité de déduire les intérêts des emprunts contractés pour l'achat de son appartement. Cette mesure s'appliquera dès la promulgation de la loi - probablement à partir de juillet - sur les intérêts à courir des emprunts déjà contractés et sur ceux des nouveaux emprunts. Troisièmement, je supprimerai les droits de donation et de succession pour 90 à 95% des Français.
dimanche 20 mai 2007
U2 à Cannes pour "U23D"
U2 fait sa promo sur les marches de Cannes pour son film U23D, dont voilà la bande annonce
mardi 15 mai 2007
DSK à Villiers le Bel
lundi 14 mai 2007
DSK chez Bourdin / RMC
Dominique Strauss-Kahn sur RMC
envoyé par rmc
samedi 12 mai 2007
La croisière s'amuse
Sarkozy me fait penser au nouveau riche. Venant de gagner l'élection, il fait comme un étudiant "la teuf" avec ses potes (Bigard, Arthur, Steevie, Hallyday, Montagné et tout l'establishment). Va au Fouquet's puis en yacht à Malte. Bizarre pour un président Français élu de partir à Malte. Imagine-t-on même George Bush réélu partir en vacances aux caraïbes ?
Mais je me fiche qu'il se paie un Yacht. Pourvu que ce soit de ses deniers. J'imagine bien que DSK ne fait pas du camping l'été. Ni Royal à Mougins.
Mais que dira-t-on si des marchés public sont gagnés par le groupe Bolloré dans 6 mois ? Sera-ce honnête ou un renvoi d'ascenseur pour ce Yacht à 200 000€/semaine avec falcone pour l'aller-retour (170 000€/heure de vol). Sacré conflit d'intérêt.
Bolloré se justifiait sur RTL en disant que sa famille avait accueilli Blum se retour de déportation dans la maison familiale en lui prodigant des soins médicaux.
Etrange analogie : entre un malade victime de la déportation accueilli dans la maison familiale et Sarkozy bien portant sur un yacht, il y a un nuance importante.
Etrange collusion entre l'Etat et des groupes privés. Annonciateur des 5 ans à venir ?
jeudi 10 mai 2007
DSK intervient pour le renouveau du socialisme
100507dskpart1
envoyé par jccambadelis
100507dskpart2
envoyé par jccambadelis
mardi 8 mai 2007
Les pauvres sont cons
Le coup de pied de l'âne est donné cette semaine par Johnny Hallyday.
Voilà qu'il pourrait revenir en France, maintenant que son ami Sarkozy va supprimer l'impôt sur le patrimoine, via le bouclier fiscal.
Néanmoins, il ne rejette pas sa demande de nationalité belge. Pourquoi ? Parce qu'il caresse toujours le rêve de s'exiler à Monaco. Et c'est là la contradiction. Quoique fasse le France, elle ne pourra jamais rivaliser avec des paradis fiscaux comme Monaco, le Luxembourg, le régime des impatriés en Grande-Bretagne, etc.
Et donc, Sarkozy peut continuer à flatter son électorat.
Mais les cons sont les pauvres qui adhérent à son propos, qui n'ont rien à gagner, et même tout à perdre car il faudra bien compenser les recettes fiscales abandonnées aux couches les plus aisées de la population.
lundi 7 mai 2007
DSK chez Elkabbach
DSK : Europe 1, 7 mai 2007
envoyé par philblet